Promouvoir le développement harmonieux de tout homme et de tout l'Homme

En raison de la crise alimentaire qui frappe le Tchad et les régions de l’Est en particulier, le Secadev va organiser en partenariat avec le Programme Alimentaire Mondial(PAM) une distribution des vivres. 312 villages du département du Dar Tama soit 60 000 personnes sont concernées par cette opération.

(Cp PAM)

La Représentante du PAM en visite à l'Est du Tchad

Le PAM a initié cette distribution de vivres pour protéger les personnes les plus exposées à la malnutrition, les enfants et les femmes allaitantes. Deux enquêtes menées au Tchad par cette agence et l’Unicef en 2010 permettent de mieux saisir la réalité. L’enquête nutritionnelle EFSA du PAM révèle que 8,7% de ménages sont en insécurité sévère tandis que 15,2% le sont modérément. Celle de l’Unicef affiche un taux de malnutrition aiguë globale de 24% au Tchad. Les régions du Tchad les plus touchées par ce fléau sont celles du Sahel, notamment le Dar Tama. Cette situation précaire s’est aggravée avec les mauvaises récoltes conséquences d’une mauvaise pluviométrie enregistrée à la campagne agricole 2010-2011.

L’opération de distribution des vivres dénommée Blanket feeding s’adresse aux enfants de 6 à 23 mois dont la taille ne dépasse pas 87cm, indice d’une malnutrition chez les individus de cet âge. Les femmes allaitant les enfants de zéro à six mois viennent en seconde position. Aux bénéficiaires de l’opération blanket feeding estimés à 50 000 enfants malnutris et femmes allaitantes, s’ajoutent les membres des ménages dont sont issus les enfants ciblés par la Blanket Feeding soit 10 000 personnes.

En impact, “la distribution générale des vivres couplée au blanket feeding permettra aux familles visées d’avoir un stock important de vivres pour subvenir à une grande partie des leurs besoins alimentaires lors de la saison pluvieuse”, lit-on dans le document du projet que le Secadev a proposé au PAM.

Les résultats attendus du projet sont entre autres : «Réduire le taux de malnutrition aiguë globale des enfants de moins de 2 ans, apporter une alimentation adéquate pendant la période de soudure aux populations hôtes, réduire la vulnérabilité des ménages en insécurité alimentaire (…)».

La mise en œuvre du projet prévoie la sensibilisation des autorités et des populations sur la conduite du projet en ses différentes étapes, l’acheminement et la distribution des vivres. Des évaluations, des comptes rendus, des rapports permettront au Sécadev de rendre compte à son partenaire, le PAM.
Antoine Adoum GOULGUE,Le Blog du Secadev

Le Secadev, en partenariat avec le Programme Alimentaire Mondial (PAM) a commencé le 02 avril la mise en œuvre d’un projet de distribution générale de vivres à la population du département du Dar Tama (Guereda). Conçu pour durer huit mois le projet incluse le volet Blanket feeding une autre distribution des vivres qui cible les enfants malnutris et les femmes allaitantes.

Une distribution des vivres à l'Est du Tchad(cp PAM)

Le projet a démarré le 2 avril par une tournée d’information et de sensibilisation à l’intention des leaders des communautés, des autorités administratives et traditionnelles et des menages des 20 cantons ciblés par cette distribution.
«L’objectif de cette sensibilisation est d’expliquer ce que c’est l’opération Blanket feeding, son intérêt thérapeutique et les impacts positifs sur la santé et la croissance de l’enfant, les critères de choix des bénéficiaires, les vivres prévus au menu», a déclaré Adoumadji Ngaroura, responsable de la distribution à la délégation du Secadev à Guereda. La phase de sensibilisation qui a démarré le 2 avril a pour but d’impliquer toutes les parties prenantes notamment les autorités afin de garantir une totale transparence de l’opération.
Après cette campagne d’information s’en suivra en mai l’identification des bénéficiaires c’est-dire, pour la Blanket Feeding les enfants âgés de 6 à 23 mois et les femmes allaitant des enfants de 0 à 6 mois. La distribution générale des vivres cible quant à elles les ménages vulnérables dont sont issus les enfants visés par la Blanket feeding. La distribution proprement dite est prévue pour les mois de Mai et juin. Au menu, il est prévu du plumpy doz pour les enfants malnutris, de la farine CSB, de l’huile et du sucre pour les femmes allaitantes et du céréales, des légumineuses et du sel pour les familles vulnérables.
Le Secadev qui a assuré une distribution similaire en 2011 au nom du PAM s’apprête à recruter et former des agents qui seront chargés de conduire l’opération.
Antoine Adoum GOULGUE,Le Blog du Secadev

A l’occasion de la journée de la femme célébrée au camp de Milé le 15 mars, quatre femmes représentant leurs soeurs réfugiées se prononcent sur la situation de la femme réfugiée. Elles se plaignent d’être victimes de restriction de libertés de la part des hommes.

Les représentantes des femmes, de gauche à droite: Haiga, Dahabaye, Magboullah, Kaltouma


« La forme de violation des droits qui nous préoccupe le plus au camp de Milé c’est l’interdiction de travailler. Quatre femmes réfugiées ont été contraintes par leur maris d’abandonner leur travail alors que ce travail rapporte d’importes sources à leur familles», informe Dahabaye Ibrahim Defallah, présidente de la coopérative des femmes réfugiées de Milé. Selon elle, cette cabale dirigée contre les femmes qui travaillent est l’œuvre d’un groupe qui a peur du changement. “Ceux-ci poursuit-elle font croire aux autres qu’une femme qui travaille ne respecte pas son mari“. La présidente de la coopérative fait ainsi allusion à l’affaire Haiga Abdelkerim qui a fait couler tant de salive. Haiga, une réfugiée mère de sept enfants collabore avec le Secadev comme assistante sociocommunautaire. Un matin, son mari, père de ses trois derniers enfants lui demande d’arrêter de travailler avec l’organisation humanitaire. Elle refuse et se plaint auprès du SECADEV qui saisit la CNAR, l’UNHCR et le DIS. L’affaire est portée devant le Sous-préfet de Guereda qui donne raison à la femme malgré les menaces de mort proférées par son mari. La présidente de la coopérative salue le travail de protection fait par les humanitaires sans quoi Haiga aurait cédé à la pression de son mari. Elle s’inquiète cependant du sort des femmes qui ne sont pas assez courageuses pour contrarier les décisions de leurs maris et préfèrent arrêter de travailler.

La seconde forme de violation des droits décriée par les femmes de Milé sont les violences physiques commises par leurs partenaires ou leurs proches. Des femmes présumées coupables d’infidélité ou de mauvaise conduite supposée sont torturées sans autres forme de procès. “Ils emmènent la femme hors du camp en brousse, lui lient les mains et les pieds, la suspendent à une branche avant de la fouetter avec des lanières » témoigne Haiga qui dit avoir subi ce sort. Et Haiga de conclure : “Pour les hommes de chez nous, une femme n’a pas de droits et beoucoup de femmes vivent dans la soumission totale à leur mari“.
En liaison avec les violences conjugales l’alcoolisme est identifié comme le principal facteur des violences conjugales. « La femme va travailler, l’homme passe son temps à boire de l’alcool. Soûl, il revient à la maison et se met à battre la femme sans raison valables », fait remarquer Kaltouma Moustapha Issa, la plus âgée. L’alcoolisme et ses conséquences deviennent un phénomène préoccupant pour la communauté réfugiée, en particulier les femmes et les enfants. En 2009, Djohara Mahamat, une animatrice du Secadev se souvient que le camp de Milé comptait une quarantaine de point de vente d’alcool de fabrication traditionnelle (Bokodjo) et des liqueurs vendues en sachets appelées Visa.

Ce tableau sombre dressé par les femmes n’est pas approuvé par la Commission Nationale d’Accueil et de Réinsertion des Réfugiés (CNAR), la structure gouvernementale responsable de la gestion du camp “ Nous pensons que la situation sur la protection des droits de la femme au camp de Milé s’est nettement amélioré depuis 2010 après un travail de sensibilisation et d’éducation fait par les partenaires impliqués dans la protection, Secadev, IMC (International Medical Corps),Jesuit Refugees Servive (JRS), CNAR, le Détachement Intégré de Sécurité (DIS), United Nations Hight Commissionner for Refugees (UNHCR). Nous n’avons constaté aucun cas de viol. Les filles sont plus nombreuses à l’école que les garçons. Les femmes sont majoritaires dans les secteurs d’activité du camp”. Le gestionnaire du camp concède “quelques” cas de harcèlement, un cas de femme battue. Les affirmations de la CNAR concernent une période antérieure à 2012. Les violations survenues au premier trimestre de 2012 attendent d’être vérifiés par le DIS responsable des enquêtes. “Nous ne pouvons pas affirmer l’inexistence de violations de droits de la femme mais continuons à informer les femmes du danger qui les guète“. reconnaît-on.

Les chefs des réfugiés à l’image de Hassan Youssouf, adjoint du Cheik suprême des réfugiés de Milé estime que les droits de la femme sont bel est bien reconnus, respectés et protégés. « Notre présence à la célébration de la journée de la femme prouve que nous reconnaissons aux femmes leurs droits qui sont d’ailleurs. Il est vrai, des problèmes d’entente existent dans certains ménages du fait que les femmes et hommes n’ont pas la même compréhension ce que sont les droits de la femme” conclut-il.

Antoine Adoum GOULGUE,Le Blog du Secadev

Pour la 9e année depuis leur arrivée sur le sol tchadien, les femmes réfugiées soudanaises du camp de Milé (Guereda) ont célébré le 15 mars la journée internationale de la femme. Cette célébration a donné l’occasion de faire un plaidoyer en faveur de l’évolution de leur statut.

Cheih Tidian Pouye dans son plaidoyer du 15 mars au camp de Milé

A la veille de la célébration de la journée internationale de la femme, un vent de sable avait soufflé sur la localité de Guereda et ses environnants. Le camp de Milé situé à 22 km de la ville était emmitouflé dans un brouillard glacial. A 7 heures, le camp est calme mais la fièvre festive montait dans les veines des femmes réfugiées.
Dans cette borne fontaine de la zone N°1, les filles se disputaient le tour pour constituer la reserve d’eau pour la journée, sachant qu’en raison de la fête, elles n’auront pas le temps de le faire. Cette hâte ne les empêchait nullement de parler de l’événement du jour: « Alyom it hana mara» (aujourd’hui c’est la fête de la femme), rappelle avec enthousiasme cette fillette de 8 ans en déposant son récipient sous le robinet d’où l’eau jaillissait de toute sa force. « Oui fais vite, enjoint Makha de dix ans son aînée. « Je veux vite remplir mes récipients avant d’aller à la fête». Sa grande sœur qui fait partie du comité d’organisation de la fête a déserté la maison depuis 6heures et l’a chargée de remplir tous les récipients avant d’aller fêter.
Pour ces jeunes réfugiées c’est le côté festif qui prime. Elles ne mesurent pas la portée de cet événement qu’elles s’apprêtaient à célébrer.
Mais pour les réfugiées adultes, la journée de la femme est plus une occasion de lutte pour la protection et le respect de leurs droits qu’une simple fête. « Je voudrais préciser que la journée de la femme offre à toutes les femmes, y compris la réfugiée l’occasion de conquérir plus de liberté. Ici au camp de Milé, la femme n’est pas libre, ses droits sont bafoués. Chaque année nous formulons des doléances qui sont toujours restées lettre morte. Nous voulons une fois de plus faire entendre nos voix », annonce Arapha Adama Tom Khalifa, porte parole des femmes à son arrivée à la place de la célébration.
Cette revendication sera d’ailleurs reprise dans le discours qu’elle devait prononcer devant une assistance composée d’hommes et des femmes réfugiés, mais aussi des responsables d’organisations humanitaires. La porte-parole des femmes a a exprimé l’ardent désir du retour au Darfour qui anime les femmes réfugiées. Sur un ton pathétique, elle a formulé au nom de ses sœurs cinq doléances qui appellent les un et les autres à garantir aux femmes plus de sécurité, de formation, de liberté.

L’Assistant au chef de bureau de la CNAR, Adam Ali Kourtou a présenté son plaidoyer sous forme de conseil, exhortant les hommes à laisser les filles poursuivre leur scolarisation, car, dit-il, une fille instruite sera une bonne épouse, une bonne mère et une bonne citoyenne. C’est pourquoi, les parents doivent refuser toute proposition de mariage de leurs filles avant qu’elles n’aient l’âge de 18 ans, celui de la majorité.

Le chef de bureau de l’UNHCR, Cheikh Tidian Pouye a profité de la tribune offerte par cette célébration pour mener un rigoureux plaidoyer autour du thème « Relier les filles avec un avenir ». S’adressant aux hommes, défenseurs des aspects négatifs de la tradition, il a plaidé en faveur du maintien des filles à l’école. « Le nombre des filles à l’école secondaire est très bas », devait-il faire remarquer avant d’énumérer des femmes qui ont occupé ou occupent encore des grandes responsabilités dans le monde. « C’est parce qu’elles ont fait des hautes études qu’elles ont mérité ces postes tout en étant mères et épouses». Angela Merkel, la Chancelière d’Allemagne, Ogatan, une ancienne responsable de l’UNHCR, Mme Hillary Clinton, la Secrétaire d’État des États Unis, Mme Helen Johnson Shirley, la présidente du Liberia sont entre autres les références qu’il a tenu à citer en exemple. Originaire d’un Sénégal peuplé à 95% de musulmans, Mr Pouye a dit aux hommes de Milé qu’il ne faut pas se cacher derrière la religion pour empêcher les filles de pousser plus loin leurs études, car dit-il, « l’Islam n’interdit pas l’instruction des filles ». Représentant de l’agence de l’ONU qui a le mandat mondial de la protection des réfugiés, le Sénégalais a réitéré la disponibilité de son organisation à prendre les mesures nécessaires pour améliorer les conditions de vie des réfugiés en général et les femmes en particulier à travers la production de l’eau de qualité en quantité suffisante, les services de santé, l’appui aux activités génératrices des revenus, l’éducation.

L’eau, dont la célébrée de la journée a été couplée avec celle de la femme n’a pas été perdue de vue par le chef de bureau de l’UNHCR. « Je suis ravi que la démonstration du traitement de l’eau au chlore soit faite par les femmes », a-t-il déclaré avant de rassurer le Secadev qui a la responsabilité de ce secteur du soutien de son organisation.

Antoine Adoum Goulgué, Le Blog du Secadev

Une réfugiée victime de viol raconte ce qu'elle a vecu aux animatrices du Secadev


Les réfugiées soudanaises vivant à l’Est du Tchad ne sont pas totalement à l’abri des violences sexuelles malgré les mécanismes de protection mis en place par l’UNHCR et ses partenaires de mise en œuvre. En ce début d’année 2012, les cas de viol commis sur les réfugiées des camps de Guerada (Milé et Kounoungou) vont crescendo.

Le 14 janvier, trois réfugiées soudanaises du camp de Milé se rendaient à la frontière qui sépare le Tchad et le Soudan. A 15 heures, trois cavaliers surgissement de la nature et bloquer leur progression. Alors commence la chasse aux femmes qui tentent de s’enfuir dans toutes les directions. Nouracha Moustapha Brahim, âgée 25 ans, la plus jeune des femmes focalise l’attention des bandits. Ils la rattrapent et la capturent comme un gibier. Les agresseurs lui lient mains et pieds avant de la déportent sur un cheval à 15 km puis la soumettent à une série de viol qui a duré 12 heures.
« Elle nous a dit qu’elle a été violée à tour de rôle par les trois inconnus et n’a été libérée que le lendemain à 4 heures du matin », raconte Eugénie BENAN animatrice sociocommunautaire travaillant pour le Secadev et membre de la cellule Sexual gender based violence (SGBV). « Pendant qu’ils abusaient d’elle, les violeurs se droguaient constamment», précise Eugénie qui cite la victime. De retour au camp, Nouracha s’est présentée au commissariat du DIS. “C’est le lundi que nous avons appris la nouvelle et lui avons rendu visite. Elle était traumatisée et était alitée”, poursuit l’animatrice du Secadev. La victime a reçu les soins d’urgence et doit subir un teste de dépistage au VIH/Sida dans les trois mois qui suivent.

Ce viol confirme la tendance à la hausse des violences commises sur les femmes réfugiées. « En janvier et février, nous avons enregistré six cas de viol au camp des réfugiés soudanais de Milé”, informe l’animatrice selon qui cette montée du viol est liée au manque de bois de chauffe dans le camp. Chaque mois, l’UNHCR et le Secadev distribuent aux réfugiés une quantité de bois pour couvrir leurs besoins énergétiques, mais le ravitaillement du camp en bois confié à des transporteurs privés se fait difficilement à cause de l’éloignement des sites de collecte. La distribution se déroule avec des jours, voire des semaines de retard. Ne pouvant attendre, les femmes réfugiées sont obligées de sortir du camp pour aller collecter cette matière ligneuse et s’exposent ainsi au viol.

Les cas de viol ne se produisent pas qu’à l’extérieur des camps des réfugiés; il se passe sinon plus, du moins autant de viols dans les camps. Les auteurs sont soit des réfugiés, soit des autochtones. La plus grande difficulté à combattre ce viol interne est que les victimes ne les déclarent pas souvent.

Viols non déclarés, à qui la faute ?

Si le manque de source d’énergie est le premier facteur aggravant, certains pensent que le silence des victimes en est un autre. « Les femmes sont en partie responsables des viols qu’elles subissent lorsqu’elles se taisent. Il est arrivé plusieurs fois que des filles violées nient les faits lorsque nous sommes informés et cherchons à en savoir plus », explique cet humanitaire travaillant camp de Milé. “Selon la coutume, une fille violée est l’objet des railleries de toute la société et attire sur sa famille le déshonneur” explique Habiba Mahamat Fadoul de la cellule SGBV. C’est pourquoi, poursuit-elle les familles, en particulier les mères préfèrent taire le viol de leur fille plutôt que de le dénoncer. En somme, elles ne veulent pas que leurs filles manquent de prétendants sachant que, de coutume, les familles n’acceptent pas que leur fils épouse une fille qui a été violée. C’est pour cette raison culturelle que le viol, et tout ce qui a trait au sexe sont pour cette société des sujets tabous.

Le refus de dénoncer le viol fait que cet acte criminel est en passe de devenir s’il ne l’est pas déjà une pratique banale et injustement tolérée. Bénéficiant de cette situation, les violeurs ne sont guère iniquités et n’hésitent à donner libre cours à leurs pulsions sexuelles chaque fois qu’une occasion se présente.
Il importe d’ajouter comme facteur le fait que la population réfugiée est en majorité féminine, 70%. Même les réfugiées mariées vivent seules au camp lorsque leur maris sont partis s’occuper du bétail ou mener d’autres activités économiques hors du camp. Certaines sont tombées en ceinte et n’ont de justification que le viol. Les maris ne l’entendent pas de cette oreille et les accusent d’infidélité. “Des hommes sont venus vers nous pour savoir à quelle date leur femme a été violée “. Ceci expose les femmes à d’autres formes de violences, physiques, verbales et morales.

Face à cette attitude irresponsable tendant à tolérer les agressions sexuelles, les acteurs humanitaires, au premier chef l’UNHCR agissent en synergie pour susciter une prise de conscience collective du mal qui ronge la société, les femmes les premières. C’est ainsi qu’une cellule SGBV composée de agents du Secadev, IMC (International Medical Corps) et de JRS (Jesuit Refugees Service) est créée dans chaque camp avec pour mission de s’informer de tout cas de viol, apporter l’assistance nécessaire aux victimes et sensibiliser toute la communauté pour inverser la tendance.

Le Secadev qui a la chargé des services sociocommunautaires s’est vu confier le rôle d’éveil des consciences en faveur du respecter et de la protection des droits des femmes à être responsables de leur sexualité plutôt que de la subir. “Pour l’année 2012, 12 mobilisations sociales seront organisées dans le camp de Milé sur divers thèmes notamment les violences faites aux femmes annonce Mimassengar Ardjam, coordonnateur du secteur sociocommunautaire du camp
Les femmes en générale et les femmes réfugiées en particulier font l’objet d’une protection par la communauté internationale. L’un de ces instruments est La Convention des Nations Unies sur 1’é1imination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes a été adoptée le 18 décembre 1979 par l’Assemblée générale des Nations Unies. Elle est entrée en vigueur en tant que traits international le 3 septembre 1981 après avoir été ratifiée par 20 pays. En vertu de ce texte, le gouvernement tchadien, l’UNHCR et ses partenaires de mise en œuvre ont l’obligation de protéger les femmes réfugiées.

Antoine Adoum GOULGUE
le blog du Secadev

Ganda Kabo Ablaye à son arrivée à Abéché

La mort est une idée abstraite mais elle se matérialise chaque jour par la disparition des nos proches et connaissances. A la coordination du Secadev à Abéché, la mort a fauché cinq de nos collègues en moins de deux ans, la dernière disparition en date étant celle de Ganda Kabo Ablaye décédé le 8 mars 2012 à l’âge de 29 ans.
Du 15 septembre au 8 mars, le passage de Kanda au Secadev n’aura duré que cinq mois et 23 jours. Il est recruté au Secadev après un teste qui a vu la participation d’une trentaine de candidats. Présélectionné, il passe l’entretien avec succès et est envoyé à la coordination d’Abéché comme assistant comptable pour succéder à un autre collègue décédé le 4 mai 2011. Ganda arrive à Abéché et commence sereinement son intégration professionnel et sociale au sein de l’équipe de la coordination. A la fin de la période d’essai, il est confirmé à son poste. Il espérait poursuivre son expérience à l’Est du Tchad mais c’est sans compter avec la maladie. Il est admis à l’hôpital d’Abéché le jeudi 23 février et est évacué d’urgence à N’Djamena le lendemain où il sera hospitalisé pour une stabilisation. « Son était si préoccupant qu’il ne pouvait pas faire les selles ni uriner de lui-même ; il a fallu qu’on lui place des sondes, raconte un collègue qui lui a rendu visite à l’hôpital. Les examens médicaux révèlent un cas de jaunisse. La sévérité de la maladie était telle que le patient était transféré de l’hôpital général à une clinique privée pour des soins intensifs puis de la clinique à l’hôpital. C’est le 8 mars à 4 heures du matin qu’il a rendu l’âme alors qu’il donnait de signe de guérison.
Paix à l’âme du disparu.
AAG, Le Blog du Secadev

Le 13 mars prochain marquera le second anniversaire de la mort du prêtre catholique français Pierre FAURE. Cet homme compte parmi ceux qui ont légué à la ville d’Abéché de beaux souvenirs. En 12 ans de service, il a réalisé des œuvres que nous vous proposons de découvrir en reconnaissance de son engagement pour la cause de l’homme.


Le foyer des jeunes peint en blanc

Pendant les trois premières années de son séjour dans la capitale du Ouaddaï ; il a été le responsable de la paroisse tout en offrant ses services comme chirurgien à l’hôpital d’Abéché.
A son retour du Liban en 1963 où il est allé étudier la langue Arabe et l’Islamologie, le père Faure commence à accueillir les enfants de la ville, peu nombreux à l’époque, à être envoyés à l’école. Ce sera le point de départ de la création en 1964 d’un Foyer de jeunes, géré par les lycéens eux-mêmes et dont les principales activités sont la bibliothèque et le ciné-club. Les cadres, notamment les fils du Ouaddaï géographique qui sont passés par cet établissement se souviennent sans doute de cet homme qui les a accompagnés sur le chemin de la réussite scolaire. Aujourd’hui, le foyer continue de servir de cadre de rencontre et de dialogue culturel entre jeunes issus de tous les horizons. Sa bibliothèque offre le plus important fond documentaire disponible dans les deux langues officielles du Tchad, l’Arabe et le Français. Son terrain de basket-ball réunit tous les après-midi ceux qui aiment pratiquer ce sport qui constituent une force économique en Amérique.

Infatigable, le père Pierre Faure animait des cours du soir, jusqu’au niveau Brevet (BEPCT) pour les lycéens mais aussi pour les instituteurs et cadre de la ville d’Abéché désireux de parfaire leurs connaissances. Ces cours du soir constituent alors un complément intéressant à une époque où les cadres se comptaient sur les cinq doigts de la main.

A la demande de services des eaux et forêts de la ville d’Abéché et pour initier les jeunes au développement, le père Pierre FAURE réalise de 1964 à 1970, avec un groupe des jeune un champ d’essai de gommier de quatre hectares qui doit sa réussite à l’introduction de la culture atelier.

Extrait de SECADEV Info avril 1998, Le Blog du Secadev

Il y a 30 ans, le Père Faure pris l’initiative de créer le Secadev qu’il a dirigé pendant 15 ans. Il est presque impossible de parler du Seacedv sans voir l’ombre du prêtre qui l’a créé. Le fondateur du Secadev a quitté ce monde le 13 mars 2010. A l’approche du second anniversaire de sa mort, nous revisitons la vie de cet homme qui a consacré sa vie à la cause des populations démunies.

Le prêtre catholique français Pierre FAURE est né le 24 Août 1924 à VICHY. Il fait ses études secondaires au collège des Maristes de Rion. A la fin des études de médecine à l’université de Lyon, il entre au noviciat des Jésuites à Yzeure en 1948. Il Étudie la philosophie à chantilly et la Théologie à Lyon Fourvière.

Le père Faure est arrivé au Tchad, plus particulièrement à la mission Catholique d’Abéché en 1958. Il va séjourner en 1962 au Liban pour étudier la langue Arabe et l’Islamologie. Il sera de retour à Abéché en 1963, et y ouvre un centre d’animation culturelle et social, le” Foyer des Jeunes “, dédié aux relations entre musulmans et chrétiens et aux problèmes de développement.

En 1971, il devient Vicaire général du diocèse de N’Djamena puis aumônier des étudiants. Il continue de s’occuper des problèmes de développement au sein du <acronym title="BureauLe prêtre catholique français Pierre FAURE est né le 24 Août 1924 à VICHY. Il fait ses études secondaires au collège des Maristes de Rion. A la fin des études de médecine à l'université de Lyon, il entre au noviciat des Jésuites à Yzeure en 1948. Il Étudie la philosophie à chantilly et la Théologie à Lyon Fourvière.
Le père Faure est arrivé au Tchad, plus particulièrement à la mission Catholique d'Abéché en 1958. Il va séjourner en 1962 au Liban pour étudier la langue Arabe et l’Islamologie. Il sera de retour à Abéché en 1963, et y ouvre un centre d'animation culturelle et social, le" Foyer des Jeunes ", dédié aux relations entre musulmans et chrétiens et aux problèmes de développement.
En 1971, il devient Vicaire général du diocèse de N'Djamena puis aumônier des étudiants. Il continue de s'occuper des problèmes de développement au sein du BELACD fondé en 1973 par la Conférence Épiscopale du Tchad.
Administrateur apostolique du Diocèse pendant la bataille de 1980 à N’Djamena, avec le personnel apostolique et la plus grande partie des habitants de la ville, il se réfugie au Cameroun voisin. Il observe la réalité d’un camp des réfugiés, à Kousseri, en participant à l’assistance en liaison avec les organisations de secours. Rentré à N’Djamena dés la fin de la bataille, il participe avec le personnel des paroisses à la réinstallation des populations dans la ville en grande partie détruite.
En 1982, le nouvel archevêque de N’Djaména, lui confie la mission de répondre aux besoins des populations sahéliennes du Tchad en matière d’assistance et de développement. Il fonde le SECADEV et donne ainsi à l’Église un instrument approprié de lutter contre la famine et le sous développement, conséquences d’une longue guerre et des sécheresses récurrentes en ces années-là.
En 1985, il est nommé consulteur au secrétariat du Vatican pour les non Chrétiens poste qu’il va occuper jusqu’à sa mort.

Une chèvre enragée !

La bête affolée capturée

Une chèvre enragée, cela sort de l’ordinaire. C’est pourtant ce à quoi s’apparente cette folie inhabituelle observée le 22 février chez une chèvre du camp des réfugiés soudanais de Milé.

A 10 heures, les agents du Secadev responsables du secteur de l’Élevage étaient à leur service lorsque des réfugiés vinrent les ameuter d’un comportement bizarre d’une chèvre.«Les réfugiés témoins nous ont rapporté que la chèvre s’est mise à mordre tout autour d’elle; elle mordait de surcroît sa propre peau, s’est blessée et continue de le faire. Elle cherchait à mordre toute personne qui s’approchait d’elle », explique Mbodou, vétérinaire responsable de la clinique animale du camp. En technicien averti, il pris les dispositions nécessaires pour que la bête suspectée de rage ne fit pas des victimes. « Nous avons réussi a la capturer, l’avons abattue puis incinérée hors du camp de peur que d’autres bêtes, surtout les chiens ne viennent manger de ses restes » explique le vétérinaire. “La rage est une maladie mortelle très contagieuse”, insiste-t-il. C’est pourquoi la chèvre a été immédiatement abattue et la carcasse contagieuse détruite.

La promptitude des agents de l’Élevage a permis que le camp et ses environs soient épargnés du danger. Il reste cependant à savoir comment la pauvre chèvre a pu être contaminée ? Le vétérinaire émet l’hypothèse que la bête aurait été mordue au pâturage par un chien enragé.

Selon le vétérinaire, tout animal qui a subitement des réactions violentes et qui se met mordre sans raison doit être suspecté de rage. Pour éviter toute propagation l’animal suspecté doit être capturé et remis au vétérinaire pour des observations.
«La rage est une maladie virale qui se transmet d’un animal à un autre ou de l’animal à l’homme.
Le virus responsable infecte le système nerveux où il se multiplie et se propage à travers tout le corps. Il atteint le cerveau et y provoque des lésions responsable des réactions violentes. L’animal infecté peut ainsi contaminer par sa salive ou ses liquides organiques tels que le sang »
, prévient Mbodou.
Un homme infecté par le virus de la rage peut développer la maladie (apparition des symptômes de la rage) entre la première et la 8e semaine. Chez l’animal, la période d’incubation varie selon les espèces, 14 à 60 jours Chez le chien.

Pour plus d’information sur la rage, lire cette page de Wikipedia ou de l’ OMS.
Antoine ADOUM GOULGUE, Le Blog du Secadev

A mesure que l’urgence à l’Est du Tchad se stabilise, les humanitaires focalisent leur attention sur les personnes à besoins spécifiques (PBS) appelées communément vulnérables. Cela se fait par la construction des abris, la distribution des articles non alimentaires(couvertures, nattes et bidons) mais surtout par des visites régulières des agents humanitaires pour les aider ces personnes défavorisées à vivre dignement leur condition. Le Blog du Secadev a suivi un agent lors d’une visite à ces personnes aux camp de Milé.

Habiba et Haoua Mahamat Nahar (de gauche à droite)

Habiba Mahamat Fadoul, animatrice sociocommunautaire a à visiter ce 22 février trois vulnérables de la zone N°1 du camp de Milé. « L’objet de ma visite est de constater l’utilisation effective des abris construits par le Secadev en faveur des vulnérables », annonce-t-elle. Munie de son calepin où sont consignés les renseignements sur chaque bénéficiaire, elle se sépare de ses collègues et rejoint Makka Yaya Moursal, une réfugiée qui collabore avec les humanitaiares depuis huit ans. Les deux dames se dirigent vers une concession au mur richement décoré remontant un couloir à l’allure de labyrinthe. Leur marche s’arrête lorsqu’elles arrivent à l’entrée d’une maison où se tenait une vieille femme au visage couvert de rides. Haoua Mahamat Nahar la locataire, âgée d’environ 80 ans est la première vulnérable qu’elles allaient visiter. La vielle femme vit toute seule dans le camp. « Je suis la mère de quatre filles. L’une d’elles vit ici au camp mais elle ne prend pas soin de moi », se plaint Haoua. L’absence de soutien et l’âge avancé fait d’elle une personne vulnérable. Elle a bénéficié à ce titre de plusieurs Assistances: la construction d’une maison où elle vit depuis quelques mois, un don de couverture, de natte et un foyer amélioré. Habiba l’animatrice situe l’objet de sa visite et la vunérable de repliquer: « Ma nouvelle maison est assez confortable », dit-elle en reconnaissance de l’assistance apportée par l’organisation catholique et ses partenaires avant de présenter une doleance: « la charpente de ma maison est attaquée par les termites. Je crains que le toit ne s’effondre ». Une destruction de son abri risquerait de la contraindre à regagner la tente en bâche qu’elle a désertée il y a quelques mois. ” Vient voir toi-même, ma fille!” insiste-elle auprès de l’animatrice du Secadev. L’autre se décide de constater la menace et répond « j’ai bien vu, maman. Je vais faire remonter ta doléance à mes chefs “.

Si Haoua vit dans l’abri qu’on lui a attribué, son homonyme Haoua Mahamat Issa, une réfugiée de 21 ans s’est vu interdite d’habiter le sein par sa mère et sa soeur qui se sont arrogé le titre de bénéficiaires. Elles occupent la maison destinée à la vulnérables depuis sa reception. La tentative d’explication donnée par sa mère est que la vraie Haoua ne pourrait sortir de la pièce d’elle-même parce que paralysée de ses quatre membres.
La jeune vulnérable est doublement handicapée. En plus de la paralysie, elle souffre d’une démence qui la prive de toute cohérence. « Vous ne devriez pas abandonner votre fille dans cette tente délabrée alors que la maison est construite pour elle”, a martelé la chargée de suivi des vulnérable à l’endroit de sa mère présente au moment de la visite. Les parents de Haoua n’ont pas le moindre respect pour elle. La natte et la couverture qu’elle a reçues en don sont utilisées par un autre membre de la famille. Sa chaise roulante est devenue le jouet des enfants. Il a fallu l’insistance de Habiba pour que ces biens soient extirpés d’une pièce voisine utilisée indûment par un non vulnérable. Indignée, l’animatrice du Secadev a demandé à la famille de faire coucher la vulnérable dans son abri le soir-même de sa visite et que tous ses biens lui soient restitués.

Elle a menacé de faire intervenir les élements de la sécurité si la vulnérable n’était pas entrée dans ses droits.

Damiré Tokoï Sabre, 70 ans est la troisième et dernière vulnérable visitée. Son cas ressemble à celui de Haoua la paralysée. Un couple de réfugiés qui n’a pas de lien de parenté avec elle, a élu domicile dans son abri sans que cela n’émeuve personne dans l’entourage. L’absence de lien de parenté entre la bénéficiaire dépossédé et les occupants qui sont, madame et monsieur des travailleurs fait craindre que la maison ne soit retrocédée au couple salarié contre une somme d’argent. L’intéressée était absente du camp et nul ne peut dire pourquoi elle continue de vivre dans une tente en mauvais état alors qu’elle a un abri plus confortable.

En 2010 et 2011, le Secadev a construit des abris pour 200 vulnérables des deux camps grâce au partenariat avec l’UNHCR et distribué des couvertures, des nattes et des bidons à la catégorie de réfugiés sur un fonds de Caritas France membre de la confédération Caritas internationale.

Antoine ADOUM GOULGUE, Le Blog du Secadev

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